Restauration de murs en pierres sèches

13/11/2019

Informations

Aménagement du territoire, Urbanisme, Paysage, Patrimoine, Logement
GAL Pays de l'Ourthe
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    Le projet « Formation aux savoir-faire du petit patrimoine » part d'un constat : beaucoup de murs en pierre sèches sur le territoire du Groupe d'action locale (GAL) Pays de l'Ourthe (communes de Durbuy, Érezée, Hotton, Houffalize, La Roche-en-Ardenne, Manhay et Rendeux) se dégradent et nécessitent une restauration.

    Le problème qui est apparu dans un second temps est le manque d'entreprises compétentes, le savoir-faire dans ce domaine ayant largement disparu. Le projet a vu le jour pour combler cette lacune.

    Les publics concernés sont surtout les professionnels (entrepreneurs et ouvriers communaux), mais aussi les propriétaires privés.

    Les partenaires ayant participé à la mise en place des formations sont :

    • la Cellule provinciale de formation de la province de Luxembourg ;
    • le Forem de Libramont qui disposait d'un spécialiste de la pierre sèche ;
    • l'Entreprise de formation par le travail (EFT) Habilux pour la formation destinée aux demandeurs d'emploi.

  • Un inventaire typologique des murs en pierres sèches présents sur le territoire a été réalisé au départ.

    Un état des lieux des formations disponibles a également été fait et a montré qu'une formation existait à l'Institut du Patrimoine Wallon (IPW), mais que rien ne fonctionnait à grande échelle.

    Le programme a été élaboré en interne, et 8 formations d'une semaine ont été dispensées en 2012 et 2013, représentant 127 stagiaires formés :

    • 3 formations pour les professionnels ont d'abord été mises en place : les participants (entrepreneurs et ouvriers communaux) devaient avoir des prérequis en maçonnerie ancienne ;
    • 3 formations pour tout public (sans prérequis) ;
    • 1 formation pour des jeunes de 5e et 6e d'un athénée professionnel ;
    • 1 formation pour des demandeurs d'emploi éloignés de l'emploi (15 jours en septembre 2013).

    Les quatre programmes étaient différents et adaptés à chaque public.

    Une dernière formation pour des jeunes et des habitants est prévue pour le mois de mai 2014. Son but sera aussi de refaire un mur à Heyd (Durbuy).

    Des formations d'une journée seront aussi mises en place : l'objectif en sera une familiarisation avec la technique.

    Enfin, un guide technique sera élaboré, ainsi qu'une publication sur le patrimoine.

  • Le projet du GAL est dès le départ orienté vers la formation aux techniques de construction et de restauration et la formation est au cœur du projet.

    Mais ce dernier étant transversal, l'aspect patrimonial est aussi pris en compte : meilleure connaissance de la typologie des murs en fonction des villages, par exemple.

    L'aspect patrimonial, au-delà des aspects purement techniques, doit aussi susciter l'intérêt du public et sensibiliser les propriétaires privés à la restauration de leurs murs en pierres sèches et à la construction de nouveaux.

    Le troisième volet est promotionnel et concerne la mise en valeur et la sauvegarde d'ensembles en pierres sèches plus importants (terrasse de culture à Houffalize, par exemple).

  • Le projet avait dès le départ pour but d'être relayé par des acteurs autres que le GAL. La formation sera donc pérennisée dans un programme via la province de Luxembourg (programme reconnu pour toute la Wallonie). L'EFT Habilux propose également sur son site (www.habilux.be) aux propriétaires privés de déposer des demandes de subsides à la Région wallonne pour entamer la réfection de murs.
    Par ailleurs, un groupe de citoyens s'est formé autour du blog Les Sètches Pires (http://setchespires.wordpress.com/) et met en place des chantiers participatifs de coopération entre habitants.

    L'impact social du projet est lié à la formation dédiée aux chômeurs éloignés de l'emploi ; en matière environnementale, les retombées du projet concerne le maintien de biotopes spécifiques : ce type de mur a en effet une valeur écologique que n'ont pas le béton ou les maçonneries modernes (l'opérateur est d'ailleurs le Parc naturel des Deux-Ourthes) et permet de former des conditions idéales pour le développement de certaines plantes et des refuges pour les petits animaux.

  • 185 000 € total sur les 4 ans, dont 25 000 en consultant (formation) et 35 000 en communication, dont 45% Europe, 45% Wallonie et 10% apports locaux.

  • La mise en place de ce type de formation étant nouvelle, le GAL a dû « tâtonner ». Les principales difficultés relevées concernent les a priori des professionnels sur ce genre de constructions perçues comme peu pérennes. Ces préjugés venaient la plupart du temps de mauvaises expériences (murs fragiles) dues à des lacunes en matière technique.

    Par ailleurs, les professionnels relèvent que les prix élevés des devis (quatre fois plus cher qu'un mur classique) sont une difficulté : il est donc nécessaire d'expliquer et de renseigner les habitants sur l'intérêt de cette technique et de la conservation de ces murs.

    Enfin, il apparaît nécessaire de bien étudier au préalable ce qui a été fait dans le domaine, de voir ce qui existe déjà comme outils. Ce type de projet réclame aussi un travail sur le long terme.

  • Constatant d'une part la nécessité de restaurer les murs en pierres sèches dans un but de conservation du petit patrimoine, et d'autre part le manque de compétence des professionnels dans ce domaine, le GAL Pays de l'Ourthe a mis en place un projet de formation qui concerne les entrepreneurs et les ouvriers communaux, mais également les propriétaires privés.

  • Nathalie Malmedier, chargée de mission « patrimoine » au Parc naturel des deux Ourthes.
    Tél : 061/21 04 06
    Mail : nathalie.malmedier@pndo.be
    Site web du projet : www.paysourthe.be et www.pndo.be (opérateur de terrain).
    Adresse du GAL : Rue Bardonwez, 2 à 6987 Rendeux.

  • 466916_201402_bp_formationsavoir-faire.pdf